Charlotte Audureau une pionnière du cinéma scolaire.

Charlotte Audureau semble rejoindre le groupe des pionniers bordelais du cinéma Freinet en 1929. Si elle s'est peu exprimée elle-même sur ce sujet nous trouvons une  mine de renseignements concrets dans Le Parfum du Terroir, le journal des enfants de l'école de Pellegure (33).

Nous savons que ce sont presque exclusivement les kermesses qui permettent d'alimenter la coopérative scolaire, les écoles rurales étant généralement très démunies. En 1929 les enfants et la maîtresse décident d'acheter une caméra avec l'argent de la coopérative. Ce sera, à en croire les enfants, chose faite à l'été 1929.

Est-ce cette caméra qui a été testée pendant les vacances ? Les familles que nous voyons sur le film "La Mer" sont-elles celles des amis bretons avec lesquels Charlotte pratique la correspondance ? La mer est-elle celle de la région de Tregunc, un lieu où Charlotte, sans préciser de date, dit avoir passé des vacances ? Qui tient la caméra ? Charlotte elle-même ? René Daniel ? Nous pensons avoir retrouvé la crique, à proximité du port de Trevignon, mais sans certitude, l'ensablement ayant pu changer la configuration de la plage.

Nous sommes toujours à la recherche de témoins pouvant situer ce film et reconnaître les personnes.

Les kermesses de Charlotte méritent qu'on s'y arrête parce qu'elles montrent le piège dans lequel elle a pu se retrouver, comme certains de ses collègues. Cela Madeleine Bens, fille des Freinet,  semble ne pas l'avoir compris lorsqu'elle demande à Henri Portier de ne pas glisser d'extraits des Pathé-Baby de Charlotte dans son film sur l'histoire du mouvement Freinet, parce qu'ils desservent la PF selon elle.

Quoiqu'il en soit la démarche mérite explication pour ne pas être présentée comme contre exemple de la pédagogie Freinet. Freinet est attaché à la Terre, à l'enracinement. Les textes libres le montrent bien qui sont pour nous aujourd'hui autant de témoignages de vie. Le folklore participe de cette inscription dans un groupe humain, dans une région déterminée. Il ne se passe pas de congrès sans danse folklorique, au point que souvent elles sont l'objet principal des films relatant les renconrtres dans le mouvement.

Pour revenir à Charlotte Audureau, il lui faut acheter des disques de folklore pour pouvoir faire danser les enfants pendant la kermesse. La CEL produit des disques adaptés dès le début des années 30, extrêmement directifs certes, ne laissant aucune place à l'improvisation, ni pour le maître ni pour les enfants. Mais ces disques permettent de préparer un spectacle. Ce spectacle permet de rapporter de l'argent tout en rattachant les enfants à leurs racines, mais il doit être filmé, pour les parents et pour les correspondants. Les projections permettront d'alimenter encore la coopérative de la classe. Cependant une fois la pellicule achetée on ne peut plus entreprendre le voyage que l'on avait programmé en réunion de coopérative. Il faudra plusieurs années, plusieurs kermesses, plusieurs projections, pour parvenir à financer un voyage aux Eyzies. Une seule bobine de petit format en rendra compte.

Mm