J'oserai dire que le drame du théâtre c'est d'avoir été classé dans les formes de la littérature, ce qui en a fait des livres de lecture dans les écoles, collèges et lycées. Sait-on quand on enseigne Molière que nous n'avons retrouvé aucun manuscrit de la main de l'auteur ? Cela élimine d'emblée toute forme d'improvisation. Cela écarte d'emblée toutes les civilisations de l'oralité. Cela élimine toutes scénographies les limitant à la lecture de didascalies. Pourtant Bertold Brecht, dans ses conseils, aimait à dire que le texte importait peu au comédien et qu'il pouvait jouer l'annuaire du téléphone. Un défi que j'ai relevé à plusieurs reprises pour en donner une représentation. Pendant toute ma carrière, du collège au BTS je pense avoir monté un spectacle chaque année.
J'ai personnellement appris dans des UV spécialisées (Shakespeare, Brecht) et de nombreux stages, avec un certain nombre de personnalités de la mise en scène. Hubert Jappelle dans un atelier nous a fait jouer la mise à mort d'Othello avec un sac en jute de pommes de terre recouvrant tout le haut du corps, pour séparer le geste de la parole dite par un comédien neutre. Un élève de Gombrowski nous faisait avant tout occuper l'espace et nous transformer en grenouille ou en papillon. Le Roy art comme Antonin Artaud donne toute son importance à la voix qui doit exacerber les sens. Stanislavski nous fait rechercher dans notre vie des émotions équivalentes à celles que nous devrons rendre. Comment résumer l'immense Ariane Mnouchkine ? D'abord donner à voir l'invisible : si tu ne vois pas la mer a-t-elle dit à l'un de ses comédiens lors d'un stage d'observation à la Cartoucherie, je ne la vois pas. Et puis Boal qui dans ses improvisations cherche à coller au plus près de son public pour l'amener à réagir. Il a pu inspirer Vingler et Marc Vial dans le théâtre action. Le dépaysement total avec le théâtre kabuki avec un maître pour aborder un langage corporel codé et une préparation particulière, très japonaise, avant de monter sur scène. Je n'oublie pas conte et théâtre africain traditionnels qui ont marqué mon enfance, centrés sur la parole et le rythme.
Quand je ne parvenais pas à obtenir des stages j'allais au moins regarder les mises en scène les plus variées de Barrault, Planchon, Strehler, Peter Brooks - dans son théâtre incendié, sans décors, aux Bouffes du Nord -, Chéreau, Pitoeff, Laurent Terzieff au Lucernaire.. toustes remplacés aujourd'hui par la nouvelle génération.
Mais dans la tradition du corps et de l'oralité nous avons aussi les contes, les marionnettes, l'opéra, le cirque, pour lesquels nous pouvons présenter des exemples.
Mm
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Le petit chaperon rouge Réunion bilan après le spectacle |
Mise en scène inspirée d'Hubert Jappelle. Les enfants de la maternelle de Mireille ont travaillé sur le conte du Petit Chaperon Rouge. Par ailleurs, ils ont pris l'habitude de se rendre régulièrement dans la maison de retraite de leur quartier pour proposer des jeux et des spectacles. Ils ne savent pas lire et ne peuvent apprendre le conte pour le mettre en scène. L'idée est venue de séparer le comédien de son texte. Plusieurs représentations seront données dans l'école avec des comédiens différents, un avantage particulièrement intéressant de cette technique de mise en scène totalement personnalisée. Ils décident à l'issue de leur représentation de transformer le conte pour l'intégrer dans leur environnement urbain tout en le changeant de sexe et de couleur.
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La vie autrefois à Moszczanka extraits |
Il s'agit d'un projet qui a concerné toute l'école (du cp à la fin du collège). Demander aux parents et grands parents de raconter comment c'était autrefois. Ils ont prêté des objets qui ont été présentés dans le musée éphémère de l'école. Dessins et textes ont été édités. Le club théâtre s'est emparé du thème. La pièce résumée en français : Il y avait de plus en plus de monde à nourrir dans la famille et la terre rendait (ou donnait) peu. Je vais vous raconter une journée dans ma famille du temps ou j'étais petite fille. Bien que la maison soit pleine elle est calme et silencieuse. Il manque ici une traduction difficile à comprendre. Mais les gestes suffisent sans doute. Nous respectons la terre et le grand père Le temps est beau, le linge attend dans les panières. L'eau dans le ruisseau est propre et limpide… Il faut "toquer" sur le pain pour voir s'il est bien cuit. Les filles, vous travaillez si fort que les pierres tremblent aux alentours ! (expression polonaise). Le temps efface les mœurs et traditions et il est impossible de les préserver de l'oubli… |
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Opéra Myla |
Un opéra conduit par une intervenante dans l'école Thérèse Roméo à NIce. Quatre classes de maternelle ont été concernées qui ont participé à deux spectacles de deux classes. Ils sont aidés par des enfants de CP pour les lectures. Il s'agit ici d'un montage de la seconde représentation. |
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Un procès en classe de seconde TSP de lycée |
La seconde TSP est une classe passerelle qui permet à des élèves, orientés malgré eux en LP pour raisons essentiellement disciplinaires, d'intégrer un lycée technique pour passer le baccalauréat et poursuivre des études en BTS, IUT ou université. Les bac pro n'existaient pas encore. A la suite d'un incident intervenu à la rentrée, cette classe a choisi d'aborder une partie du programme de français en centrant les apprentissages principaux sur le thème de la justice pendant un trimestre. Nous avons assisté à un procès en correctionnel et avons invité le substitut du procureur dans notre classe à plusieurs reprises. En réunion ils ont choisi de monter un procès en spectacle. Nous avons désigné les différents protagonistes : présumé coupable, avocats, etc. Ils ont fait des enquêtes pour apprendre leur "métier". Rien n'a été écrit. Avocats, juge, procureur, témoins, questionnaient l'accusé qui inventait son rôle à partir des questions et se contredisait parfois. Il était interdit de communiquer hors du cadre défini. La motivation était telle que l'essentiel du travail s'est effectué en dehors de la classe. Clarisse nous a été une aide précieuse. Par contre trois avocats de la ville ont refusé de répondre aux questions des élèves, sous prétexte qu'ils devaient faire du français en classe de français. Pourtant ils ont passé leur bac ! Ils ont abordé la littérature et lu des livres qu'ils n'aurainet jamais lus autrement. Ils ont appris à argumenter, à parler en public. Leur exposition devait respecter les règles de la dissertation. Chaque élève avait un rôle, mais ils ont oublié le jury. Nous avons envoyé notre vidéo à nos correspondants de Bordeaux qui ont jugé. Ce film a été retenu pour la formation des juges. |
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Le clip d'annonce Les charlots font le cirque |
Le montage intégral a été présenté aux parents dans une des salles du tout nouveau cinéma Pathé de Nice. Il s'agissait du projet des enseignants de l'ensemble de l'école maternelle. Je n'ai retenu ici que le spectacle donné par la classe de Mireille. Ils ont préparé leur prestation en réunions régulières avec des répétitions dans la classe. Ils avaient visionné Le Cirque de Chaplin qui leur avait beaucoup plu. Ils ont dessiné des portraits de Chaplin pour étudier son comportement et ses gestes. Les sketchs sont inventés par les enfants.
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Le conte de Baba Yaga |
Avec la classe de maternelle de Mireille nous avons fait tout un travail sur le conte pour apprendre aux enfants à conter. Tous les projets sont mis en place dans les réunions coopératives. Les approches ont été très variées. Montrer la couverture d'un album et faire inventer l'histoire, par des dessins d'abord. Lorsque l'idée leur plaît comme pour La trompe de l'éléphant de Manuela (FIMEM) ils ont inventé l'histoire qu'ils ont dictée à la maîtresse et comparée ensuite avec l'original. Mais on a aussi testé l'inverse ; le conteur dit un conte et les enfants l'illustrent librement. Pour en faire un film il faut découper dans leurs dessins afin de combler les séquences manquantes. Si l'idée vient lors de la réunion de bilan, ils racontent l'histoire qui est enregistrée. Ansi ils remplacent ma voix dans le film initial. Mais souvent ils proposent de nouveaux projets ce qui n'empêche pas que la vidéo est totalement revendiquée comme étant la leur, puisqu'ils ont dessiné. Dans certains cas la maitresse constitue des groupes pour que chaque séquence soit travaillée, ce qui leur fait comprendre le fonctionnement d'une narration. C'est le cas d'Aventures dans le Vieux Nice. On trouvera toutes ces formes dans le site web qui avait été ouvert pour continuer à travailler pendant le COVID et que nous avions intitulé La classe antivirale. Mireille ayant pris sa retraite nous avons commencé à reconvertir ce site pour le consacrer à la créativité. tot en conservant tout ce travail sur le conte en maternelle parce qu'il est transposable à tous niveaux. |
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Expression corporelle |
La maitresse a apporté des chenilles dans la classe. Les enfants les ont observées, soignées, dessinées. Est venue naturellement l'idée de se transformer en chenilles pour ramper. Puis arrive le temps des cocons et enfin de l'éclosion. Cela a remplacé la séance de sport. La préparation du spectacle de cirque a aussi donné lieu à une autre forme de travail sur le corps. Les occasions sont multiples lorsqu'on a eu la première idée. |
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Marionnettes |
Tychy dans la région de Katowicé, à chaque saison on s'intéresse aux plantres et aux légumes pour les identifier et apprendre comment on les prépare. On commence par les nommer pour chercher à les connaître. Cet exercice peut être mené en travaux de groupes ou en classe entière. Ici, pour les présenter, les enfants improvisent un castelet et font un spectacle de marionnettes après les avoir choisis et habillés. À cet effet et comme pour toutes créations artistiques on trouve sur une étagère, autour de la classe, des boîtes dans lesquelles on place tous les déchets : ficelles, papiers déchirés, morceaux de tissus, morceaux de bois, feuilles, galets, rognures de taille-crayons... Rien n'est jeté dans la classe. Autant d'objets récupérés pour faire des collages, ou ici des marionnettes. |
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Son importance fait que nous lui consacrons un chapite particulier. |
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